mars 16th, 2007

Quoi, que m’aperçois-je ? Je n’ai pas chroniqué l’album de Coldplay X&Y, deux ans après sa sortie ?
Je ne me le pardonnerai jamais. C’est pour cela que je consacre un billet à ce disque - que dis-je - ce chef d’oeuvre, ce monument pop/rock de nos 4 amis Londoniens.
Dès la première écoute j’ai frissonné de bonheur. Du piano triste et binaire, une voix envoutante, des violons et des trouvailles sonores géniales… mais surtout de la surprise harmonique, des guitares qui partent tout d’un coup sorties d’on ne sais où (fix you) des accords qui changent soudainement… quelle jouissance (non, ne pensez pas à mal, je vous en prie… c’est purement intellectuel ) d’entendre qu’il y a encore de grands groupes contemporains qui ne se contentent pas de tourner sur 4 accords du début à la fin de la chanson.
Merci Coldplay, je vous vénère…
mars 12th, 2007
Chère Agnès Jaoui,
Samedi dernier aux victoires de la musique sur france2, le jury, constitué de professionnels, donc de gens tout à fait intègres et justes [quelqu’un a vu mon smiley cynique ?], vous a décerné la la victoire de l’album “musiques du monde” de l’année.
Il est vrai que cela s’impose, face à des chanteurs de supermarché comme Cesaria Evora ou Jehro, vous seule aviez la légitimité de prétendre à une récompense évoquant autant le voyage, l’exotisme, la découverte d’autres cultures et le métissage.
La voix off ne manquait pas de rappeler que “vous aviez une formation de chanteuse lyrique avant de faire du cinéma”.
Non contente d’avoir gagné une récompense par copinage, dans cette fête de bobos ou toute la fraîcheur et la spontanéité de la nouvelle scène française s’est vue récupérée par une assemblée bien pensante, où les hors-normes et géniaux Bénabar et Delerm sont devenus “les” nouveaux héros standards coulés dans le moule de la banalité - Non contente d’avoir déjà réussi une carrière cinématographique, non contente d’avoir pu vous permettre de vous faire produire un album dans la malsaine consanguinité de ce milieu d’artistes de gauche cucu , vous vous êtes crue rebelle et intelligente d’affirmer “J’ai beaucoup de chance d’avoir cette victoire, puisque j’ai cru comprendre que dans deux ans les disques n’existeront plus et que la musique sera gratuite.” d’un air blasé et méprisant.
Je te plains ma pauvre Agnes… mais tu sais, juste comme ça, pour info, j’en produis 200 d’albums moi, avec le prix qu’a coûté le tien. C’est vrai, le disque est amené à disparaître … la licence globale pointe le bout de son nez… mais c’est marrant, je vois plutôt ça comme un vent de liberté, qui permettra enfin aux autoproduits de vivre décemment de leur activité, de découvrir des artistes de nouvelles manières… alors c’est sûr… on ne pourra pas s’acheter une Porsche comme toi peut-être Agnes, ou une jolie maison de campagne dans le midi. Mais peu importe . Les artistes des années passées se sont déjà faits assez de thunes, qui a écrit qu’il fallait être millionnaire pour vivre de musique ? Tu prétends protéger la propriété intellectuelle Agnès, mais tout le monde le voit, que c’est pour ton porte-feuille déjà bien garni que tu t’inquiètes, et que les nouveaux moyens médiatiques qui permettraient de rendre enfin accessible la création par tout le monde, et pas de la réserver à une élite déjà en place, te fait peur, comme à beaucoup d’autres privilégiés.
Hasta la victoria siempre camarades autoproduits